pourquoi aimer Olivier Gallis ?

oliviergallis1.jpg

… dans l’univers des jeunes chanteurs pop bordelais il est parfois important et nécessaire de s’intéresser à quelques univers singuliers qui accrochent et agrippent les oreilles, les tempos, les mots et nous invitent à autre chose. Dans ce monde de confrontation des émotions musicales des uns et des autres, de l’artiste et le mélomane, Mister Olivier Gallis est une invitation agréable…

Découvert début 2007, vu plusieurs fois sur scène, écoutes nombreuses de ses chansons et l’impression familière de partager un monde imaginaire similaire fait à la fois de souffles littéraires et de cinématographies épiques. Entre chien et loup ou clair obscur, le voyage est immédiat, des personnages sorties de la littérature slave, aux destins singuliers, emprunts de solitude, des contes d’adultes aux ambiances dépressives, le temps est perdu, les amours envolées, le chemin boueux… le rêve panoramique mais irréel. La voix est belle, grave et sombre, blues  et pop… elle dépeint l’intimité comme un paradoxe, les arrangements simples vont à l’essentiel, des notes subtiles sur un piano, des accords sur une guitare, seul ou bien accompagné (Vincent Mouchès à la guitare). Le climat est total et la cheminée apparaît lorsque l’on ferme les yeux. Olivier Gallis ou le ménestrel de notre époque. En plus et cela ne gâche rien à l’affaire le personnage, jeune homme élégant évoque les dandys du 19ème siècle, le verbe bien posé, l’attention charmeuse… un creuset de plaisir à écouter, à voir, à aimer… en concert (le personnage est un peu distant comme son univers musical), autour d’une bière raffinée, sur disque, dans nos esprits… Voilà pourquoi j’aime beaucoup l’univers d’Olivier Gallis… mes oreilles ont entendus que je n’étais pas le seul… partageons ce qui nous fait du bien…

D’autres sont à repérer dans cette nouvelle, émergente et j’espère en devenir, scène pop bordelaise… Jade, Egon, Corde Brève… pour d’autres évocations plus ou moins lointaines.

un bout de l’univers d’Olivier Gallis ici

Olivier Gallis, Lettre à Olga : [audio:http://www.christorama.fr/wp-content/uploads/2008/01/lettreaolga.mp3]

un tableau noir affectivo mnésique…

tableau.jpg

photo, christo, janvier 08

vous savez peut-être que la maison est en travaux constant, décoration progressive des certaines pièces jusqu’alors en jachère (wc, cuisine, salle de bain…). En ce moi de janvier Mister Cui Cui et moi-même sommes très actifs autour de l’éffacement progressif de l’ancienne cuisine aménagée version chapeau de gendarme et couleur chêne clair au profit de ligne plus épurées de couleurs Havane… Notre labeur prend fin ou presque… en voilà une preuve non figurative, un mur magnétique et tableau noir, ambiance école primaire à l’époque ou la craie avait encore une forme, une texture, un bruit, une poussière… Quelques objets pense amis, pense quotidien, pense bête… : une carte postale de Miss Gridoux pour nous souhaitez ses bons voeux, une photos de nos, amis de Philadelphie (Hi Lisa and Andy !), un bon de réduction pour une lessive (tout est quotidien mes amis), un pass ciné de télérama que je pense nous n’aurons pas le temps d’utiliser d’ici sa fin de validité (nous sommes trop pressés c’est un danger !), un mot pour ne pas oublier un produit ménager (tout est quotidien bis)… Le début de l’utilisation de ce nouvel objet mémo affectio sensitif tableau aux magnets ronds et élégants de nos amis de la petite maison jaune… Si vous m’écrivez vous aurez suivant la qualité de votre carte poste l’honneur de vous retrouver épinglé sur ce tableau pour quelques heures, jours ou semaines cela dépendra de mon (notre) humeur… Affections du dimanche à vous tous…

[audio:http://www.christorama.fr/wp-content/uploads/2008/01/josphinebakerrampampam.mp3]

enjoy Morcheeba forever…

[gv data= »http://www.youtube.com/?v=w16JlLSySWQ »][/gv]

pour un vendredi un peu ralenti… rien de tel qu’un extrait du nouvel album Dive deep de Mocheeba en écoute intégrale : ici c’est beau…

 

on y trouve de très beaux et doués invités : « Guests on Dive Deep range from established names such as acclaimed singer-songwriter Judie Tzuke, to relative newcomers Thomas Dybdahl from Norway, rapper Cool Calm Pete, and Manda, a French singer who contacted the Godfreys via Myspace, admitting it was her dream to sing with Morcheeba ».

 

… doux moments, à partager évidemment… et le plaisir permanent jusqu’au 22 mai avec leur venue à Bordeaux (théâtre Fémina)… Youpi !!!

dire dit-elle…

pict0007.jpg

photo, nadS, janvier 08 

… quel plaisir de recevoir ce jour comme Invitée libre l’amie nadS de Lormont qui nous offre un texte à l’intimité retrouvée, très durassien comme j’en raffole… près d’India song un barrage contre l’oubli… quel ravissement sont les mots pour elle, vous et moi… plaisir de les lire, redire, lire, relire, dire, redire… aimer les mots, aimer le jeu des mots et les sentiments qui vont avec… Merci encore nadS pour cette poésie sans fin…

Les choses dites une fois sont dites, les redire emmène dans le vide,

parler alors dans l’air dans le vide.

Quelquefois je vous dis des choses alors que vous êtes absent,

ces choses là, dites en dehors de votre présence, sont dites, je ne peux vous les répéter.

Si elles sont perdues je l’ignore, je sais que vous ne les savez pas,

vous pourriez les deviner. Lorsque je vous revois, alors que vous ignorez ce que je vous ai dit, il devient concevable d’imaginer un décalage entre nous.

Avec mes mots dits, mon histoire avec vous a changé, notre vécu s’est déroulé indépendamment. J’aime ceux qui reprennent le cours de notre histoire là où elle est au moment où nos corps se croisent de nouveau,

ceux qui chaque fois sont là avec ce qui est advenu. Pourtant j’ai un regret,

celui de ne pas vous avoir dit car j’ai plaisir à vous dire

A certains je peux tout dire

A certains j’ai pu tout dire, je ne sais aujourd’hui ce qu’il serait dit

A certains je peux tout dire mais je tais certaines choses

A d’autres je peux dire certaines choses, aussi je ne leur tais rien

A d’autres je ne dis rien bien que je leur parle des minutes entières

Les choses tues sont de deux ordres

Celui des confidences qui vous compromettraient en les écoutant ou

qui envahiraient notre histoire là où elle n’est pas

Celui du vide que créeraient ces choses, à vous, dites.

Face à vous, afin de garder ma substance je ne dis pas des choses, elles me nourrissent, me constituent,

seulement face à vous, à d’autres je peux les dire.

Parfois ces choses que je vous tais pourraient vous être dites mais pas là,

lors d’un autre temps.

Dire m’est précieux, j’y mets du cœur.

… la semaine prochaine j’aurais le plaisir d’avoir pour invité libre Thomas Gornet… un ami qui me veut du bien…

insertion dance party…

[gv data= »http://www.youtube.com/?v=hMnk7lh9M3o »][/gv]

… parfois en écoutant la radio (merci Et pourtant elle tourne sur France Inter) on a envie de regarder des images en mouvements… Voici donc la nouvelle politique d’insertion des prisonniers Philippins… par la danse… et cela donne des choses très drôles et impressionnantes. 1 500 détenus en orange qui dansent sur Thriller de Mickael Jackson… Délirement surprenant… le gouvernement actuel va t-il s’inspirer de cette heureuse initiative ! je pari que non… hélas… Allez tous dans la rue pour danser avec vos tenues oranges… D’autres délires d’insertion ici : les vidéos des prisonniers philippins

fromage râpé…

guignolpolice.jpg

… vous aimez le rap… aimerez vous celui-ci, mitonner par le fils d’un sacré numéro ! Je vous laisse imaginer de qui il s’agit… Merci à Miss Trotinette de nous avoir dégotté cette information renversante. C’est tellement surréaliste que même si c’est sincère j’ai du mal à prendre cela au sérieux… Une sorte de parenthèse d’enfant gâté ou pseudo rebelle. et dans cinq ans on le retrouvera conseiller spécial du président, dans 10 ans président de la première chaîne de tv, dans 15 ans ministre… cela sens le fromage râpé bien gros, bien fade et bien rance ! Voici donc le fameux scoop :

« C’est désormais officiel, Pierre S… (fils de The president of france) , 22 ans, fils ainé du président de la République, et Mosey, le producteur de hip-hop du groupe Da Crime Chantilly, sont bien la même personne. Libération le confirmaitle 7 janvier, à la suite des aveux faits par le rappeur Poison sur Radio Générations la semaine précédente:

« A la base je ne savais pas que c’était le fils de S…., je l’ai su il y a six ou sept mois. Ça fait cinq ans que je le connais, je l’ai rencontré dans une fête, il m’a proposé des sons. Quand je l’ai appris, j’ai pété un câble. »

Un secret de polichinelle dont le gratuit 20 Minutes et Le Parisien s’étaient déjà fait l’écho, dans leur édition du 2 novembre. Pour la jeune rappeuse Casey, jointe par téléphone, cette histoire pathétique en dit long sur ce qu’est le milieu du rap aujourd’hui: « Pour moi, c’est la blague de l’année! Le fils S…. on s’en fiche un peu. Comme pas mal de grands bourgeois de son âge, il éprouve le besoin de s’encanailler et de faire un bras d’honneur à papa en allant le provoquer sur son propre terrain. Celui de ces voyous qu’il fustige. Non ce qui me frappe plutôt, c’est l’attitude de ces rappeurs qui espèrent que le fils du Président pourrait représenter un levier efficace pour leur carrière. Je trouve ça piteux. Le rap est devenu un milieu pétri de vaniteux et de cupides prêts à marcher sur la tête des luttes sociales pour arriver.

« C’est emblématique du dévoiement du rap. C’est comme ceux qui se permettent de le parodier impunément pour faire du fric alors qu’ils n’ont aucune légitimité dans le milieu. Mais c’est normal, les rappeurs eux-mêmes sont devenus de grands guignols. Je trouve cette révélation salutaire, elle ridiculise un peu plus ceux qui prennent des postures de caïds et qui par derrière pactisent avec le fils de l’oppresseur… »

 

Une révélation qui fait sourire mais qui fait aussi désordre dans le milieu du hip-hop pour ceux qui n’oublient pas, entre autres, que Hamé, du groupe de rap La Rumeur, est poursuivi, malgré deux relaxes, depuis cinq ans par le ministère de l’Intérieur (alors occupé par S….) pour avoir publié un texte mettant en cause les violences policières depuis plusieurs décennies en France.

fred uhlman n'est pas soldé…

lamiretrouv.jpg

photo, christo, janvier 08

Dans la série Ceci n’est pas soldé… cette semaine un petit mais très beau livre. En écho de la chronique del’ami Gb mercredi dernier cela m’a fait penser à « L’ami retrouvé » de Fred Uhlman un petit livre bien au chaud dans ma bibliothèque que j’avais adoré en son temps par sa bouleversante histoire, si personnelle et pourtant universelle ! J’avais aussi beaucoup aimé le film adapté du livre par le cinéaste jerry schatzberg en 1989… Et en m’intéressant de nouveau à cet écrivain… je m’apperçois qu’il y a un texte « Lettres de Conrad » qui donne une autre version de l’histoire de l’ami retrouvé ou du moins une sorte d’épithaphe à cette belle histoire. Ne l’auyant pas lu… je me dépêche de combler ce vide… Merci l’ami Gb de me rappeler à ce beau moment de littérature à poursuivre…

Fred Uhlman (né le 19 janvier 1901 à Stuttgart, Allemagne, mort à Londres en avril 1985)est un écrivain et peintre britannique d’origine allemande.

L’enfance de Fred Uhlman aura été aventureuse, c’est le moins qu’on en puisse dire. Dans sa jeunesse, il fréquenta le lycée Eberhard Ludwig de Stuttgart. Ses matières préférées étaient le français, l’allemand, l’histoire et les mathématiques. Il débuta des études de droit en 1927 à l’université de Tübingen, puis à Fribourg et Munich ; il devint avocat.

Il ne put maintenir son cabinet dans l’Archivstrasse à Stuttgart, ses activités au SPD(Parti social-démocrate d’Allemagne), et quitta son pays pour Paris le 24 mars 1933, échappant ainsi au sort qui attendait de nombreux juifs. À Paris, il se livra à des occupations diverses : création d’un cinéma pour enfants, journalisme, vente de tableaux, commerce de poissons tropicaux. C’est là aussi qu’il débuta une carrière de peintre.

En mars 1936, son séjour à Tossa del Mar en Espagne coïncida avec le début de la guerre civile mais il eut le temps d’y rencontrer sa future épouse, Diana, fille de Sir Henry Page Croft, membre du parlement britannique. Il fut alors obligé de quitter l’Espagne pour le Royaume-Uni en 1938, pays dont il ne connaissait ni la langue, ni les coutumes.

Là-bas, il installa le Comité des Artistes refugies, un centre anti-nazi pour les réfugiés et les combattants d’Espagne, mais quelques mois plus tard, alors que sa femme attendait son premier enfant, il fut fait prisonnier à l’île de Manpar les Britanniques en juin 1940, car considéré comme suspect, étant d’origine allemande ; c’est pourquoi il fut enfermé au camp d’Hutchinson, où les internés passaient leur temps à peindre ou à écouter des conférences. Mais, c’est là aussi qu’il put continuer à exercer son ancienne passion, la peinture. Fred Uhlman témoigne :

« Ce n’étaient pas les hommes les plus intelligents qui tenaient le coup le mieux, mais ceux au quotient intellectuel le plus bas. Pour certains c’était le bon temps, puisque tout leur était procuré : asile, nourriture, compagnie et ils étaient à l’abri des bombardements aériens. Assis sur la pelouse, ils jouaient aux cartes du matin au soir, parfaitement heureux… »

Libéré, Fred Uhlman deviendra un Britannique et un peintre célèbre. Il meurt à Londres en avril 1985. Il dédiera son livre L’ami retrouvé à Paul et Millicent Bloomfield.

souce : wikipedia.org

ce soir soyons tous bordeaux french pop…

bxfrenchpop.jpg

… ce soir nous revêtiront nos habits de Bordeaux french pop… à partir de 20h30 au Son’Art à Bordeaux…

et le plaisir d’écouter ou découvrir de jeunes chanteurs pop de chez nous… avec les bricolos pop Watoo Watoo, le précieux, l’intime et atmosphérique Olivier Gallis… et d’autres pas encore connus par mes oreilles : CordeBrève, Thierry Sabir et l’Apollopop…

… présentation, écoute… tout est précisé ici (clic lien) : bordeaux rock 2008

Petite souris, Mister Cui Cui and my y serons, peut être Odile dR et Miss Trotinette… et puis vous tous bien sûr… ! A ce soir donc…

 

il faudra bien que tu t'avances si tu veux combler la distance entre nous…

 

[gv data= »http://www.youtube.com/?v=t_UnKTsyBhE »][/gv]

… mon coup de foudre de ce début d’année, le film Les chansons d’amour de Christophe Honoré… que nous avons vu avec jubilation, Mister Cui Cui et moi-même, lovés dans notre canapé défraîchi. Parfois le cinéma et les belles chansons sont les meilleurs antidépresseurs du monde… Ici retrouvez les chansons d’amour écrites par le talentueux Alex Beaupain et interprêtées par une bande de comédiens très inspirés (clic nom) :


Réalisateur
Christophe Honoré
 
 
Ismaël
Louis Garrel
Julie
Ludivine Sagnier
Jeanne
Chiara Mastroianni
Alice
Clotilde Hesme
Erwann
Grégoire Leprince-Ringuet
la mère
Brigitte Roüan
le père
Jean-Marie Winling
Jasmine
Alice Butaud
Gwendal
Yannick Renier
l’ami d’Erwann
Esteban Carvajal Alegria
la serveuse du bar
Annabelle Hettmann
un policier
Sylvain Tempier
un policier
Guillaume Clerice
un garçon dans la file d’attente du cinéma
Gaël Morel
Christophe Honoré
le chanteur
Alex Beaupain

 

la musique des mots ou le silence en moi…

l6.jpg

photo, Gb

… la série tant attendue L’invité(e) libre repart de plus belle avec cette semaine la chronique spéciale pour ce site, réalisée par l’ami Gb. Il nous invite à repenser les souvenirs ou amnésies de nos vies, les best seller, la littérature, les mots, le silence, la vitalité, l’énergie de la pensée….

« Longtemps j’ai vécu avec le silence en moi, sans personne à qui parler. On se dit que dans la solitude on est le maître de son monde. Mais quel monde ? Longtemps je n’ai pas entendu le son de ma voix dans ma tête. Je ne rêvais pas, je ne parlais pas. Même encore aujourd’hui, mes proches, mes chers de ma chair me disent ton silence est pesant. Je n’ai point de souvenirs de moi, je m’aperçois qu’à quarante ans, j’ai du mal à me souvenir de ce que j’ai été. De mon enfance, aucun souvenir. Et mon adolescence commence à s’effacer. Aurais-je du mentir pour meubler le silence ? Mais un jour, je ne sais plus quel âge j’avais et ça n’a aucune importance, je fus sauvé. J’avais acheté un livre, un de ces best seller qui a du façonné notre Président. Vous savez ce genre d’histoire lisse, proprette, ou du ruisseau vous vous élevez au sommet en ayant travaillé dur. c’était facile à lire, et avec ce genre de livre, on apprend pas à lire, mais cela met le pied à l’étrier.

Je n’avais pas compris que dans la littérature, la musique des mots se fait avec la ponctuation. Une virgule est une respiration, un point est une pause. Un auteur peut jouer avec les mots, rendre ce qui est anodin au delà du sublime, transformer une phrase en un rituel de question que le lecteur a bien du mal à comprendre. Il faut dans la musique des mots, être attentif, revenir au sens de la phrase quand bouleversé on ne retient que ce picotement de l’echine. Je me souviens de  » l’ami retrouvé  » de Fred Uhlman commençant son livre, par « Je me souviens d’il y a quarante ans, comme huit mille journées aussi desséchées que des feuilles d’un arbre mort ». C’est donc ça le pouvoir des mots, comprendre le nazisme en quatre vingt pages écrites au plus prés de la douleur. Soudain, les best sellers semble être comme des pages de publicité, on commence la première page, on sait déjà comment cela finira.

Comment résister à la puissance littéraire de Milan Kundera qui ne cesse de nous écrire qu’être immigré c’est être à chaque pas que l’on fait pris entre l’étau de ce que l’on vécu là-bas et ce que l’on doit taire quand, en exil, personne ne veut entendre la musique des mots des slaves, la musicalité arabe ou africaine. Vous avez décidé de venir vivre ici, nous vous demandons de taire votre passé, et même s’il n’y a pas de désert, veuillez, ici, en France, creusez le votre. Platon ne nous l’a-t-il pas écrit, seuls les morts ont vu la fin de la guerre. C’est en lisant que je me suis ouvert aux cultures du monde,à leurs civilisations, à leurs rites, et c’est en refermant leurs livres que j’ai compris qu’il devait être un supplice de taire le pays de sa naissance.

Et puis il y a des écrivains auxquels je me suis refusé, parce que j’avais tant entendu qu’il ne fallait pas les lire. Vous connaissez ces donneurs de leçons qui passe leurs temps à la télé, dans des émissions fourre-tout, nous expliquant que la Duras est une alcoolique, indigne de la littérature française. Mais qui a lu le Ravissement de lol Stein sait ce que l’on ressent, quant enfin libéré des autres, on la lit. On est avec elle, au plus prés d’elle. Quelquefois abasourdit parce qu’elle change le sens de littérature, parce qu’elle exige de nous d’être à son écoute, et non l’inverse, comme ses best sellers qui vont là ou vous voulez que le lecteur aille. Et pour peu qu’on fasse l’effort de l’écouter on en ressort bouleversé.

Mais j’aime aussi lire les romans faciles qui font passer le voyage en train comme une lettre à la poste. Les romans de quais de gare, sitôt lu, sitôt oublié. J’aime m’enfoncer dans un livre, délicatement tourner la page, comme si je caressais le corps d’un homme, et que la douceur de sa peau m’offrait encore l’illusion de savoir aimer et d’être aimer. J’aime relire les mêmes phrases parce qu’elle ont en écho en moi, que je sens dans le silence de mon appartement, ma voix dans ma tête martelant la phrase comme un symphonie ou je serais le chef d’ochestre.

Et quand on dit que mon silence est pesant, c’est parce que, à l’intérieur de moi, j’ai tant de mots des autres, tant de farandoles de phrases, d’arc en ciel, que je trouve les miens vide de sens, ou que j’ai compris que je serai toujours cet adolescent, pauvre, mal habillé, la risée la classe, en sueur dès que son professeur lui posait une question, à laquelle je n’avais pas la réponse, nul en tout, inculte, mais qui a tellement soif d’apprendre, et qui sait que plus on apprend, plus cette soif n’est jamais rassasiée. Parce que chaque livre lu apporte un sens à ma vie, et qu’un autre auteur édifie le mur de ma connaissance. Et livre par livre qui font pierre par pierre les fondations de ma maison, je me dis que tout cela est bien fragile, il suffit d’une phrase, une nouvelle musique pour que, le lendemain, je reconstruise tout. Je serai donc jamais rassasié.

Alors comprenez-moi, je ne peux pas travaillez plus pour gagner plus. Oui, je sais, j’en aurais plein dans mes armoires, ou j’aurais mon écran plasma, mon costume Prada, ma montre Rolex, et ma Mini, mais tant de silence en moi. Gb »

 

Merci encore pour ce beau texte cher Gb (dont le lien de ton blog ne fonctionne plus !!!) et d’avoir spontanément joué le jeu avec un plaisir qui m’a fait plaisir ! A très bientôt donc ici pour de nouveaux textes et commentaires sur les notes journalières. La semaine prochaine j’aurais le grand plaisir d’accueillir ici Nadine S ou NadS pour les intimes virtuels. J’espère qu’elle acceptera cette invitation pour ma et notre plus grande joie… A mercredi prochain…

Culture et design