Archives de catégorie : les mots élégants

les beaux mots sont quotidien…

alain rey n’a pas dit son dernier mot…

Disparu discrètement (en ces temps incertains il a été tristement éclipsé par d’autres aléas dans nos vies), Alain Rey (1928-2020) co-fondateur du Petit Robert et directeur de l’incontournable Dictionnaire Culturel en langue française reste indispensable à notre éveil et curiosité sur l’histoire des mots, leurs sens et mutations…

Petite citation du jour, toujours aussi pertinente et lumineuse :

… L’académie, qui ne goûte guère les mots empruntés à l’anglais, recommande l’expression « goudron de houille », bien moins synthétique que « coaltar ». Dirions-nous certains matins difficiles que nous sommes « dans le goudron de houille » ? »

C’était aussi un grand conteur amoureux des mots, à (re)écouter ici sans fin :

https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-15-novembre-2019

le beau Clou…

Ma petite écoute du samedi et voilà toute chaude ma chronique spontanée du premier opus de Clou, un bel orage en perspective :

CD – Orages, Clou, Tôt ou Tard

Après avoir baroudé de radio crochet au tremplin de jeunes artistes sur France Inter, voici Anne-Claire alias Clou qui enchante notre automne. Un doux parfum de variété chic lorgnant vers une pop légère. Entre Madonna et Zazie, Clou sort sa boite à outils et dévoile un univers sensible, actuel et lumineux portée par une voix cristalline. Après un hommage à Yves Simon, son premier album Orages oscille entre calme et tonnerre. Il parle de nos travers, du miroir morbide des selfies (Narcisse), des jeunes filles trop maquillées et mal dans leur peau (Jalouse)… du Rouge et de la passion… Doux et cruels, les orages de Clou sont de petites tempêtes dans nos têtes. Une pop pour sortir de notre torpeur. Le tout est produit par le multi-instrumentiste  Dan Lévy (moitié du duo The Do) et sort sur l’excellent label Tôt ou Tard grand défendeur de la chanson française indépendante. Un bel objet aux sonorités élégantes, aux mots sensibles et ciselés comme un diamant brut.

Clou c’est en vidéo ici…

journal d’un confiné #41

j41, mon roman confinement, cours balguerie stuttenberg, bordeaux

… J41, parmi les trouvailles et inventions de la toile en cette période j’aime beaucoup l’initiative des libraires visant à composer des phrases avec divers livres.

Je m’y mets aussi ce jour et voici en piochant dans la bibliothèque du salon mon nouveau roman en période de confinement. Voici le titre que je vous propose :

« Dring, je vous écris L’amour »

Un roman, qu’il me reste à écrire, sous influence entre Gailly, Duras et Inoue… il doit y avoir pire comme mentors !

A demain…

journal d’un confiné #33

j33, lire et lire encore et encore, cours balguerie stuttenberg, bordeaux

… J33, un dimanche confiné, je me suis donné un programme de lecture d’ici la fin du confinement à minima. Cette période est en effet pour moi l’idéal pour prendre du temps et lire des livres en attente et souvent dense en nombre de pages. 4 sélections du moments lues de gauche à droite :

  • Par les routes de Sylvain Prudhomme, presque fini et un régal, en période de confinement cela s’avère le livre idéal, il vous fait voyager dans la France underground, ses aires d’autoroute, ses villages aux noms insolites, autant de thématiques pour partir en virée avec le fameux Autostoppeur, ami du narrateur. Une livre à l’humanité débordante, il fait un bien fou et vous aide à redécouvrir le plaisir des balades sans buts et en observant tout avec une nouvelle attention.
  • Mariage contre nature de Matoya Yukiko, deux générations qui ne devraient pas se rencontrer et pourtant, un petit livre attirant.
  • Une douce lueur de malveillance de Dan Chaon, les angoisses d’un thérapeute ou un polar existentiel, une curiosité apparemment.
  • Microfictions de Régis Jauffret, livre de chevet depuis l’automne, qui se lit sans y penser, 1000 pages, et 1 histoire de notre modernité par page, j’en suis à la 87ème… le chemin sera intense et surprenant.
  • … d’autres si le confinement est sans fin.

A demain…

journal d’un confiné #16

j16, la vie confiné, cours balguerie stuttenberg, bordeaux

… J16, je suis passé en mode mi-temps environ, le matin je travaille (un peu), quelques webinaires pour se tenir en forme, des courriels pour maintenir le lien, des dossiers à finir mais version ralentie de fait car personne n’est là ou ne me répond ! L’après-midi, temps personnel à géométrie variable. Cela va de la sieste, à la lecture de revues, de livre et l’écoute de musique, des courriels personnels et associatifs (vive Bordeaux Chanson et son énergie et L’Amap Le Panier Moderne de Bacalan et ses beaux légumes toujours frais et militants), du bricolage (la liste est longue)…

J’avoue savourer quelque peu d’avoir le temps, en semaine, de lire et de finir des livres en attente. Par exemple, en début d’après-midi je viens de terminer le petit et très beau livre (offert à Noël par une amie qui me veut du bien : Miss Bigoudi) « La vie du bon côté » du japonais Hada Keisuké. La vie inter-générationnelle dans le Japon moderne entre un grand-père qui veut mourir et son petit fils qui ne sait pas trop quoi faire de sa vie du haut de ses 28 ans. Une belle leçon de vie à l’heure du confinement, cela donne du baume au coeur pour avancer.

La vie du bon côté…

Il faut que je commence ce soir un nouveau roman, je suis par avance en joie.

A demain…

l’obsédant idaho…

Livre: Idaho, Emily Ruskovich, Éditions Gallmeister, Totem ...

Petite lecture du mois, ou belle chronique par Mister CuiCui, comme toujours un lecteur si éclairé

Livre, Idaho, Emily RUSKOVICH, Editions Gallmeister

Ce roman conviendra parfaitement au lecteur qui aime se laisser guider à l’aveugle, qui accepte la confusion, la complexité d’une intrigue instillée au goutte à goutte pour n’être révélée sans l’être vraiment. Le doute plane autour d’un drame familial qui va basculer les membres dans un irréversible d’essaim. L’Idaho d’une Amérique montagnarde sous un soleil de plomb vibre sous l’élagage saisonnier des bois appartenant à Wade et Jenny, parents de deux fillettes, June et May jouant à proximité, jusqu’à ce que le drame se produise. Le drame, mais quel drame ? Les conséquences propulsent les instigateurs vers leur propre sort, on les rencontre souvent, on reconstruit l’histoire. Wade refait sa vie, Ann apparaît. Emily Ruskovich nous ballade avec délicatesse dans les méandres cérébraux des personnages, déshabillant la pensée intime, les gestes, les rapports, à travers les paysages de là bas. Remarquable, déroutant Idaho.

le futur de Downton Abbey…

… à l’heure de cette rentrée (littéraire, de ce blog, des confitures…) voici le livre de mon mois d’août que je suis en train de finir, il se présente comme une saga pouvant préfigurer ce que serait la suite de la sublimissime série Downton Abbey. Et comme par un drôle de hasard, l’écrivain Julian Fellowes est le même qui signa le scénario de la série. L’histoire de Passé imparfait est captivante, le monde de l’aristocratie anglaise bouge entre ces années 60 et 2000… ou la passé comme nostalgie, le présent comme son antidote… Il ne me reste que 60 pages pour un épilogue qui s’annonce surprenant.

Bonne rentrée à tous, et c’est reparti pour une année ambiance christorama sensation…

bret easton ellis, blanc cosmique…

bret easton ellis new book white memoir

Enfin le grand écrivain américain sort de son silence avec WHITE. Un Bret Easton Ellis très anti-fiction au programme, un essai sur la non-création et la fiction comme ligne de mire. Son traducteur nous en dit un peu plus :

« Que raconte White, première expérience de « non-fiction » pour Bret Easton Ellis ? Tout et rien. « Tout dire sur rien et ne rien dire surtout » pourrait être la formule impossible, à la Warhol, susceptible de condenser ce livre, d’en exprimer les contradictions, d’en camoufler les intentions. White est aussi ironique que Moins que zéro, aussi glaçant qu’American Psycho, aussi menaçant que Glamorama, aussi labyrinthique que Lunar Park, aussi implacable que Suite(s) impériale(s). Loin des clichés toujours mieux partagés, plus masqué que jamais, Bret Easton Ellis poursuit son analyse décapante des États-Unis d’Amérique, d’une façon, comme il le dit lui-même, « ludique et provocatrice, réelle et fausse, facile à lire et difficile à déchiffrer, et, chose tout à fait importante, à ne pas prendre trop au sérieux ».
Que raconte White en ayant l’air à la fois de toucher à tout et de ne rien dire ? Peut-être que le fil à suivre est celui du curieux destin d’American Psycho, roman d’horreur en 1991 métamorphosé en comédie musicale à Broadway vingt-cinq ans plus tard. Ellis a dit autrefois : « Patrick Bateman, c’est moi. » Il ne le dit plus. Et si Patrick Bateman était devenu président ?
P.G.

… vite il me faut me le procurer pour savourer cette verve incisive.

pas dupe…

Pas dupe, un roman presque parfait

Le bonheur du mois, la sortie du dernier roman d’Yves Ravey, Pas dupe. Cela commence comme un polar sous la soleil de la Californie, même l’héroïne porte le prénom Tippi, si hitchockien. Un régal en perspective :

Première phrase

« J’ai revu Kowalzki au bord du précipice,le jour où la voiture de Tippi est sortie de la route. Il contemplait le vide, l’air hagard. Je connaissais bien Kowalzki. Sa profession,agent d’assurances à la compagnie Pacific, mais aussi, depuis pas mal de temps, amant de Tippi, ma femme,morte dans l’accident. C’est son corps à elle que je cherchais à distinguer maintenant, parmi les débris,au fond du ravin ».

Yves Ravey, Pas dupe, Editions de minuit