Archives de catégorie : la petite phrase

la phrase de la semaine, intélligente ou nulle est a été pronnoncée !

bret easton ellis, blanc cosmique…

bret easton ellis new book white memoir

Enfin le grand écrivain américain sort de son silence avec WHITE. Un Bret Easton Ellis très anti-fiction au programme, un essai sur la non-création et la fiction comme ligne de mire. Son traducteur nous en dit un peu plus :

« Que raconte White, première expérience de « non-fiction » pour Bret Easton Ellis ? Tout et rien. « Tout dire sur rien et ne rien dire surtout » pourrait être la formule impossible, à la Warhol, susceptible de condenser ce livre, d’en exprimer les contradictions, d’en camoufler les intentions. White est aussi ironique que Moins que zéro, aussi glaçant qu’American Psycho, aussi menaçant que Glamorama, aussi labyrinthique que Lunar Park, aussi implacable que Suite(s) impériale(s). Loin des clichés toujours mieux partagés, plus masqué que jamais, Bret Easton Ellis poursuit son analyse décapante des États-Unis d’Amérique, d’une façon, comme il le dit lui-même, « ludique et provocatrice, réelle et fausse, facile à lire et difficile à déchiffrer, et, chose tout à fait importante, à ne pas prendre trop au sérieux ».
Que raconte White en ayant l’air à la fois de toucher à tout et de ne rien dire ? Peut-être que le fil à suivre est celui du curieux destin d’American Psycho, roman d’horreur en 1991 métamorphosé en comédie musicale à Broadway vingt-cinq ans plus tard. Ellis a dit autrefois : « Patrick Bateman, c’est moi. » Il ne le dit plus. Et si Patrick Bateman était devenu président ?
P.G.

… vite il me faut me le procurer pour savourer cette verve incisive.

pas dupe…

Pas dupe, un roman presque parfait

Le bonheur du mois, la sortie du dernier roman d’Yves Ravey, Pas dupe. Cela commence comme un polar sous la soleil de la Californie, même l’héroïne porte le prénom Tippi, si hitchockien. Un régal en perspective :

Première phrase

« J’ai revu Kowalzki au bord du précipice,le jour où la voiture de Tippi est sortie de la route. Il contemplait le vide, l’air hagard. Je connaissais bien Kowalzki. Sa profession,agent d’assurances à la compagnie Pacific, mais aussi, depuis pas mal de temps, amant de Tippi, ma femme,morte dans l’accident. C’est son corps à elle que je cherchais à distinguer maintenant, parmi les débris,au fond du ravin ».

Yves Ravey, Pas dupe, Editions de minuit

julia deck, lettre de sigma…

julia deck

… cette semaine les mots d’un livre qui donne envie d’être lue au plus vite. Il s’agit du dernier roman « Sigma » de Julia Deck. Vite vite, je te lis cher livre intriguant :

« Messieurs,

Vous avez confié à notre Organisation le soin de lutter contre les œuvres indésirables. Quand il est impossible de les éliminer à la source, nous les faisons entrer dans des musées, où leur potentiel de nuisance s’épuise de lui-même. Aucune pièce majeure n’échappe à notre vigilance.

Nous apprenons aujourd’hui qu’une œuvre disparue du peintre Konrad Kessler referait surface aux alentours de Genève. La fâcheuse influence de cet artiste n’étant plus à démontrer, notre bureau suisse déploie immédiatement ses agents auprès de toutes les parties prenantes – galeriste, collectionneur, banquier, scientifique – afin de mettre hors de nuire le tableau.

Sigma, New York, le 31 mars »

Julia Deck, Sigma, Editions de minuit

la petite phrase de mademoiselle darrieux…

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… cette semaine, la petite phrase de la grande Danielle Darrieux qui nous quitta il ya quelques semaines. Femme élégante, actrice sans âge, charme et humour au rendez-vous. Bon voyage Mademoiselle Darrieux :

« J’ai tourné beaucoup de navets. Quelques photos de mes mauvais films suffisaient à mon bonheur, heureusement que personne ne m’obligeait à les voir ! »

Danielle Darrieux, in Elle, octobre 2002

trois jours chez ma tante…

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… le bonheur à lire vite, et les deux premières phrases du nouveau roman d’Yves Ravey :

« Il pleuvait. L’eau s’écoulait du toit en tôle sur la terrasse de l’école, couvrait le chant des enfants durant la pause, et s’infiltrait sous la porte. Je contemplais sa progression sur le sol, en flux continu, assis à mon bureau, devant la lampe éteinte, à redouter ma prochaine rencontre avec ma tante : elle avait soi-disant tant de choses à me reprocher.

C’était écrit dans son dernier message, accompagné d’une convocation chez le notaire, où elle annonçait l’arrêt de son virement mensuel. La privation de cette source régulière de revenu m’a donc conduit, ce matin d’octobre 2015, à traverser la route principale de Bucha- 7 nan – Liberia, comté de Grand Bassa –, à ré- server un billet d’avion aller-retour pour la France. Le temps de revoir ma tante et de rétablir ma situation financière ».

Extrait, Yves Ravey, Trois jours chez ma tante, Editions de minuit, octobre 17

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la petite phrase de tanguy viel…

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… cette semaine la petite phrase de Tanguy Viel, extraite de son dernier roman, Article 353 du Code pénal aux belles Editions de minuit :

 

« On a marché dans le vent de la nuit et c’était clair que j’avais rattrapé mon retard, je veux dire, là, dans l’air humide, j’étais aussi soûl que lui, aussi léger que lui, avec l’alcool et le vent qui faisaient comme deux serre-livres qui nous maintenaient droits, parfaitement droits dans la nuit claire ».